Université

La violence investit la rue

La violence s’installe et tend à se banaliser dans le quotidien des Bougiotes. Dans la journée de jeudi, des écoliers pas plus haut que deux pommes ont attaqué des écoles de la ville pour amener leurs camarades à les rejoindre dans la rue où sont sortis aussi des collégiens qui ont recouru au même moyen pour faire voir, dans une totale anarchie, leur joie prolongée de la victoire de l’équipe national face aux Burkinabés. Ceci est arrivé au moment où des hostilités venaient tout juste de cesser dans un autre coin de la ville entre, cette fois-ci, des adultes. Une violente bagarre a opposé dans la soirée de mercredi à jeudi derniers des dizaines d’étudiants résidants de la cité universitaire 17 octobre à autant d’habitants du quartier voisin Seghir au cœur de la Béjaïa faisant au moins douze blessés. Les affrontements qui ont éclaté la veille, soit dans la soirée du match des Verts, ont repris le lendemain de plus belle en usant d’une agressivité inouïe de part et d’autres. En plus des armes blanches et des morceaux entiers de carrelages arrachés des trottoirs, on a fait usage de pétards particulièrement dangereux que l’on lance, dans les occasions de fête, pour éclater dans le ciel. Mais mercredi passé, ces pétards-fusilles ont été lancées rageusement à la face de «l’ennemi» d’en face. Heureusement, et à se fier au bilan de la protection civile, les douze blessés, dont neuf étudiants et deux policiers, ont été évacués vers l’hôpital de la ville pour des blessures légères, essentiellement des fractures, petites plaies et enflures.

Jusqu’au matin de jeudi dernier, dans les alentours du quartier, où se trouvent deux cités universitaires, des policiers ont gardé leurs postes bien que les hostilités ont cessé pour prévenir d’un éventuel regain de violence. Tous les commerçants alentours ont gardé aussi leurs magasins fermés pendant les affrontements et aux premières heures de jeudi matin où des agents communaux s’attelaient à dégager les rues de leurs multiples obstacles. On a aussi laissé fermé le portail de la cité U du 17 octobre la même matinée et devant lequel des étudiantes et étudiants attendaient les bus du Cous qui n’ont pas pris le risque de stationner comme d’habitude sur les lieux.

L’étincelle qui a mis le feu aux poudres est partie d’un incident anodin, à croire la version témoignant d’une altercation entre un étudiant résidant et un extra au moment de la projection du match sur un écran géant à l’intérieur de la cité U. Ceci au moment où les riverains parlent, eux, de riposte à des provocations. En tout état de cause, la bagarre rangée a éclaté au moment où toute la ville était prise de liesse de la qualification de l’équipe nationale au mondial du Brésil. Et c’est la deuxième bagarre du genre que Béjaïa a eu connaître après celle vécue en juin 2012 à Iryahène, de l’autre côté de la ville, où se trouve une cité U, sur la route de l’aéroport.  Les forces de l’ordre ont du intervenir pour faire cesser de violents heurts entre de jeunes habitants de la cité de Sidi Ali Lebhar et des étudiants résidants à la cité U voisine. Dans la même nuit du dernier match des Verts, au moins trois agressions sanglantes ont été signalées dans la ville de Béjaïa.

Des batailles rangées aux rixes quasi quotidiennes qui banalisent l’usage des armes blanches, la violence prend place dans la société comme un phénomène suffisamment grandissant qui doit inquiéter autorités et parents parce que se développant même dans l’esprit de nos potaches. La preuve ? «Mazalna dichikourène !» (Personne ne nous fait peur !) criaient jeudi dans les rues de Béjaïa des collégiens, leurs sacs d’école accrochés au dos.

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