Littérature

Ballade littéraire : Camus vu par Hamid Grine

Au milieu de toutes ces voix qui chargent encore Albert Camus pour ses positions non affichées pour la guerre d’indépendance algérienne, Hamid Grine a de l’indulgence pour l’auteur de L’Étranger. «Je retiens de Camus son œuvre énorme et son amour pour l’Algérie» a répondu Hamid Grine à un public venu l’écouter à l’invitation de la Ballade littéraire de Béjaïa qui l’a accueilli dans le petit théâtre. Se disant compréhensif d’un Camus «timoré», Grine préfère voir en l’auteur de La Peste tout juste un «être humain». «Camus a pris le parti du silence, il est clair qu’il n’était pas pour l’indépendance de l’Algérie mais il ne faut pas le comparer à Jean Paul Sartre mais à Jean Daniel» explique Grine. Écrivain et journaliste français, Jean Daniel Bensaïd est né à Blida comme Camus, journaliste également, est né à Annaba. Les deux sont nés et ont vécu dans l’Algérie colonisée. Si le premier a souvent été présenté comme favorable à la cause algérienne, le deuxième ne l’a pas été, mais pour l’auteur de Camus dans le narguilé, il y a une implication, indirecte soit-elle, de Camus pour l’indépendance du pays en offrant un gîte pour un flniste comme l’a déjà témoigné Mohamed Béjaoui. «Camus était impliqué avec ses entrailles» estime Grine reprenant à l’occasion la réplique connue de l’auteur de L’Été : «quand je parle de la pauvreté c’est en connaissance de cause». Au-delà des positions, «Camus n’était pas un prophète, ni un visionnaire mais seulement un être humain» conclut Hamid Grine dont le roman publié en 2009 Il ne fera pas long feu sera adapté au cinéma. L’adaptation ne saura, pour l’auteur, être infidèle à certains aspects du roman. Grine dit circonscrire les concessions qu’il pourrait faire sur ce plan aux limites « intransgressibles » des valeurs du personnage principal. «Les autres personnages importent peu» dit l’animateur de la rencontre littéraire qui constate que dans notre pays les écrivains n’ont pas d’impact sur la société et se désole même de l’absence de feed-back. Pour lui, «en Algérie on ne juge pas une oeuvre littéraire mais son auteur».

Camus dans le narguilé

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