Coupures de routes, Mal vie, Manif, Social

150 coupures de routes depuis le début de l’année à Béjaïa

manif3.jpg (Photo D.R.)

Les récurrentes actions de rue, dont les plus marquantes et pénalisantes sont les coupures de route, plongent la wilaya de Béjaïa dans un climat de fronde continu qui met à rudes épreuves la population. Ces jours-ci, les usagers des routes nationales qui traversent la wilaya peuvent, et une fois n’est pas coutume, souffler quelque peu puisque la circulation automobile est libérée après les dernières coupures qui ont vu les routes coupées par des habitants en colère au niveau du pont de la Soummam et de Tichy. Les protestataires ont libéré la voie après que des assurances leur ont été données par les autorités de prendre en charge leurs doléances ayant trait à leur cadre de vie. Comme dans la majorité des cas, les manifestants repartent satisfaits d’au moins une chose : d’avoir réussi à être écoutés et avoir réussi à faire bouger les choses. Et celà fait des émules.

Encore mieux pour les habitants du village Zaouia, qui ont bloqué la route au niveau du pont de la Soummam, à la sortie est de la commune de Béjaïa. Leur représentant a été invité à faire le voyage sur Alger avec le responsable de l’administration concernée pour constater, de visu, le dépôt du bon de commande de la publication de l’avis d’appel d’offres du projet revendiqué. A Tichy, où la route a été coupée la matinée, une réunion a été convoquée dans une célérité inhabituelle, dans l’après-midi même et en présence des autorités et des représentants des protestataires. Les représentants des habitants d’Adekar, qui ont «libéré» les services de l’Etat qu’ils ont fermés ont été conviés aussi à une réunion, avec le SG de la wilaya.

Cette démarche de l’administration s’inscrit dans la continuité des interventions systématiques, et surtout dictée sous la contrainte, des pouvoirs publics dont le premier responsable de la wilaya est le plus réclamé sur les lieux des protestations. «Cette coupure de route est notre dernier recours. Le wali ne nous reçoit pas» s’était plaint un manifestant. «J’ai plus de 2800 demandes d’audience» a révélé, lundi 19 septembre, lors du forum de la radio locale, le wali de la wilaya. M. Hamou Ahmed Touhami. «Nous répondons parfois par écrit mais ce n’est pas systématique» a précisé le wali qui s’est étonné, auparavant, de l’ampleur de ce phénomène de coupure de routes qu’il découvre dans la wilaya de Béjaïa. Le port semble être le premier à pâtir de cette situation, des importateurs ayant préférer récupérer leurs marchandises dans d’autres ports du pays. Quelque 3000 semi remorques sortent quotidiennement du port de Béjaïa. Lors des deux coupures de routes, au pont de la Soummam et de Tichy, le trafic y était quasi paralysé. Selon le nouveau P/DG de l’EPB, M. Djelloul Achour, cité par l’APS, «aucun camion n’est entré ou sorti du port durant la matinée».

L’«efficacité» de ces actions de rue tend à pousser tous les mouvements de protestation, de quelque ordre que ce soit, à s’exprimer par des coupures de routes. «À ce rythme, on trouvera même le moyen de venir couper la route après une scène de ménage» se désole, ironique, un citoyen. Un genre de réflexion qui s’exprime de plus en plus parmi la population.

Plus d’une centaine de travailleurs, employés par une société privée comme agents de sécurité dans une cité universitaire à Berchiche, à El Kseur, ont réclamé leurs arriérés de salaire en fermant plus d’une fois, en août dernier, la RN 12 à la circulation. En désespoir de cause, les protestataires ont du déplacer leur action jusque devant le siège de leur employeur, au grand soulagement des milliers d’usagers de cette route nationale. Entre-temps, un courrier signé du wali est parti à la tutelle pour réclamer la résiliation pure et simple du contrat de cette société privée de gardiennage. À Bouhamza, des citoyens se sont rassemblés pour réclamer leurs dus dans l’opération d’expropriation de leurs terres pour la réalisation du barrage de Tichy Haf. Un problème dont la solution est des compétences de l’agence nationale des barrages et des transferts, ANBT.

En moyenne, ce sont 3 à 4 actions de coupures de routes vécues par semaine sur le territoire de la wilaya de Béjaïa dont le réseau routier étouffe sérieusement. Ce qui fait un total de quelque 150 coupures de routes depuis le début de l’année, avec une concentration sur les RN26 et 09. Et le phénomène n’est pas près de cesser.  

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