AJB, Journée mondiale de la liberté de la presse, Saïd Mekbel

3 mai 2011: recueillement sur la tombe de Saïd Mekbel

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(Photos K.M.)

L’association des journalistes de la wilaya de Béjaïa (AJB), que préside Mohamed Bessa, a célébré la journée mondiale de la liberté de la presse en se recueillant sur la tombe de Saïd Mekbel, au cimetière Sidi Ahmed Amokrane de Béjaïa.Une gerbe de fleurs a été déposée en présence de journalistes, du frère du défunt, d’élus de l’APW, dont le vice P/APW, Mohamed Bettache, et de quelques amis du journaliste assassiné. Avant l’observation d’une minute de silence, une oraison funèbre (voir ci dessous) a été lue par un journaliste de l’association pour rendre hommage à Saïd Mekbel et dire le devoir de mémoire notamment de la corporation qui se doit de perpétuer le combat pour la liberté de la presse.

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Assassiné le 3 décembre 1994 à Alger par deux terroristes qui lui ont logé deux balles dans la tête, Saïd Mekbel nous a quittés en laissant derrière lui un modèle de journaliste engagé. Ses billets satiriques sont repris jusqu’à aujourd’hui par plus d’un dont le célèbre Ce voleur qui… C’est d’ailleurs ce dernier billet, publié le jouir de son assassinat, sur les colonnes du défunt journal Le Matin dont il était le directeur de publication, qu’a choisi de lire un journaliste, une façon de « rendre hommage au grand journaliste qu’était Saïd Mekbel ». Après la minute de silence qui a été observée sur place, le président de l’AJB, Mohamed Bessa, a exprimé le souhait de l’association de voir érigé un mémorial en hommage à Saïd Mekbel, dont le nom n’est porté sur aucun édifice ou espace publics. L’AJB souhaite voir aussi installée une commission, que constitueront journalistes, industriels, élus, artistes,…  qui discutera du comment de la réalisation de ce mémorial.  Parvenue au wali par l’intermédiaire de Mohamed Bettache, cette proposition a eu l’adhésion du premier responsable de la wilaya qui a dit son accord pour l’érection « d’un buste ». L’engagement de M. Hamou Ahmed Touhami a été pris au cours d’un déjeuner organisé, le jour même, en l’honneur des journalistes à la résidence des hôtes de la wilaya. Une réception pendant laquelle le wali, qui a prononcé un speech avant celui du vice P/APW, n’a pas pensé, malheureusement, à donner la parole aux journalistes.

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 Voici le texte lu devant la tombe de Saïd Mekbel

Plus de 16 ans que Saïd Mekbel nous a quittés. Ceux qui l’ont assassiné le 3 décembre 1994 à Alger ont voulu faire taire à jamais une plume qui gênait. Mais, si Saïd Mekbel n’est pas là physiquement aujourd’hui, il est à jamais dans nos cœurs. Son nom, ses écrits sont pour toujours sur toutes les lèvres. Qui parmi nous peut oublier ses billets satiriques, son humour corrosif, son verbe empêcheur de tourner en rond ? Qui peut oublier El Ghoul et Mesmar Jeha ? Qui peut oublier ce voleur qui…

Saïd Mekbel a collectionné des citations à comparaître et des condamnations. Ses mots faisaient mal, pas au petit peuple dont il est issu mais à toute la classe politique. Engagé dans ses écrits, il l’était aussi dans sa vie de tous les jours. Il le prouvera dans le «comité vérité Tahar Djaout» dont il a été le coordinateur. L’assassinat, 18 mois plus tôt, soit le 26 mai 1993, d’un autre monument de la presse algérienne, Tahar Djaout en l’occurrence, ne pouvait laisser dans leur profonde tristesse Saïd Mekbel et les autres intellectuels du comité. Certains ne sont plus parmi nous aujourd’hui, nous pensons à Mahfoud Boucebsi, à Azzedine Meddour, à Rachid Mimouni, mais aussi à toutes les victimes de la bêtise humaine pour lesquelles nous vous demandons d’avoir une pensée à l’occasion de cette journée mondiale de la liberté de la presse.

Saïd Mekbel a été assassiné à bout portant par deux terroristes alors qu’il été attablé dans un petit restaurant d’Hussein Dey, à deux pas du journal. L’obscurantisme islamiste avait encore frappé. Plus d’une année avant sa mort, il expliquait sa résolution et celle de ses compagnons du comité «à lancer une tradition pour connaître les vrais auteurs et commanditaires de ces crimes». La quête de vérité demeure encore jusqu’à aujourd’hui.

Le jour de son assassinat, au coin de la dernière page du quotidien Le Matin, Mesmar Jeha a commis un dernier billet. Aujourd’hui, à l’occasion de ce recueillement, nous avons choisi de vous faire tout simplement lecture de ce billet prémonitoire, une façon de rendre hommage au grand journaliste qu’était Saïd Mekbel.

Kamel Medjdoub

 

 

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