Kabylie, Manifestation, Politique, RCD

Marche du RCD à Béjaïa : «Y en a marre de ce pouvoir !»

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(photo K. M.)

Quelques milliers de personnes ont battu le pavé dans la matinée de samedi 29 janvier dans les rues de Béjaïa à l’appel du RCD. D’une seule voix, les manifestants ont demandé le départ du régime. Des banderoles ont été déployées tout au long de la marche qui s’est ébranlée de l’esplanade de la maison de la culture pour se terminer devant le siège de la wilaya. Les forces de sécurité, dont quelques rares fourgons ont été stationnés dans des coins de rues, se sont faites discrètes.

La marche a été grossie par des étudiants, lycéens et des militants et autres citoyens anonymes qui ont répondu favorablement à l’appel du RCD. Le soutien est venu notamment d’un comité estudiantin de l’université de Béjaïa, d’une coordination des lycéens et de l’association des victimes d’octobre 88. Sur un trajet de prés d’un kilomètre, des slogans anti-pouvoir ont été scandés pour dénoncer un «pouvoir assassin», et réclamer de mettre le «système berra !». Les marcheurs ont crié qu’ils ont «marre de ce pouvoir» et réclamé une «Djazaïr houra démocratiya» (Algérie libre et démocratique). «Bouteflika berra!», (Bouteflika dehors), «chômage, harraga, dégage Bouteflika»,… dans les slogans il y a eu de la colère qu’ont partagée les élus du RCD dont des députés. Athmane Maâzouz, l’un d’eux, chef du groupe parlementaire du RCD, garde encore un pansement sur sa tête. Le policier qui lui a assené un coup de matraque lors de la marche réprimée d’Alger a tapé fort jusqu’à ajouté de l’engagement au député. A l’aide d’un mégaphone, Athmane Maâzouz a laissé échapper sa colère : «Bouteflika, Ouyahia dégagez» a-t-il crié.

Sur les banderoles et les pancartes déployées les revendications se bousculent : «changement radical», «démocratie et justice sociale», «dissolution de toutes les institutions élues», «libération de tous les détenus» et «levée immédiate de l’état d’urgence». Certains traduisent tout le ras le bol des manifestants : «non à un système qui appauvrit son peuple», «non à un système qui nie la nation algérienne» et «non à la gouvernance par la corruption», «les étudiants disent : l’Etat ne peut pas défaire la volonté de son peuple», …. Dans leur carré, des manifestants reprennent un slogan encore frais dans les rues du Caire : « echaâb yourid isqat ennidham (le peuple veut faire tomber le régime). La mobilisation était telle que le sénateur de la wilaya de Tizi Ouzou, M. Ikherbane, assimile cette journée de samedi à un «jour d’indépendance» pour le peuple en colère. «Mais c’est un jour sombre pour Bouteflika, Ouyahia et ceux qui ont squatté le pays» précise-t-il. «Leur heure a sonné» lance-t-il. «Les tunisiens sont arrivés à faire déloger le régime mais pas nous. Nous étions pourtant les premiers à être dans le combat. Honte à nous» se désole le député, et ex chef du groupe parlementaire du RCD, Boubekeur Darguini. Pour son camarade Maâzouz, le changement viendra par la rue. Rendez-vous est donné pour le 12 février prochain pour la marche d’Alger que la coordination nationale pour le changement et la démocratie a programmée. Promesse est donnée d’occuper la rue et faire « trembler le régime ».

 

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