Bejaia, Emeutes

Béjaïa ce matin: des restes de tension dans l’air

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Le quartier Aâmriw, ce matin (photo K. M.)

Retour au calme cette matinée de dimanche 9 janvier dans la ville de Béjaïa aprés un samedi d’émeutes très chaudes dans la rue. Nous revenons d’une virée dans certains coins de la ville, question de prendre la pleine mesure des dégâts de la veille. 8H 30mn, quartier Aâmriw, des restes de gaz lacrymogènes tiennent encore dans l’air, hérités des affrontements qui ont duré jusqu’à après minuit. La rue est poussiéreuse mais dégagée de tous les obstacles qui l’ont obstruée la veille. Les agents communaux ont dû travailler toute la soirée pour la rendre praticable.

Mais, les sacs de poubelles, orphelins, trônent sur les trottoirs  en l’absence des bacs qui ont brûlé ou été détruits. l’arrêt des bus reprend quelque peu vie. La rampe sur laquelle les usagers ont l’habitude de s’adosser a disparu, complètement arrachée.  L’hôtel des finances, qui abrite les services de pas moins de trois administrations, celles des Domaines, des Impôts, et du contrôleur financier en l’occurrence, garde ses portes fermées. Ses travailleurs sont invités à rebrousser chemin, sur ordre de la police qui a pris ses quartiers à l’intérieur. L’imposant édifice est visé par les émeutiers qui, ayant tenter une première fois d’y accéder, promettent de revenir. Pour prévenir des dégâts d’un éventuel assaut, les employés s’affairent, à la première heure de cette matinée, à évacuer un maximum de documents et dossiers administratifs vers des lieux sûrs. Question de limiter les dégâts. Pratiquement toutes les administrations ont prolongé leur repos du week-end. Celle qui ont été saccagées donne une image triste. Elles ne risquent malheureusement pas de reprendre activité de sitôt. C’est le cas, entre autres entités, de la Cnep-Banque, de Mobilis, de l’Inspection vétérinaire et de la Société Générale Algérie, qui a déploré la destruction de ses deux agences dont celle du quartier Seghir. Dans ce quartier, une citerne à eau tractable trône encore cette matinée en travers d’une ruelle. Nous croisons des grappes d’élèves de retour de leurs établissements scolaires. Ils ont été invités, par l’administration, à rentrer chez eux. Sans explication. Mais pour le directeur de l’éducation, la DE n’est auteure d’aucune instruction dans ce sens. étrangement, il dénonce, sur les ondes de la radio Soummam, des personnes qui « ont empêché les élèves d’entrer dans les écoles ». Certaines agences de banque, celles qui ont survécu au vandalisme, ont entrouvert, dans une totale discrétion, leurs portes à leurs clients. Devant l’accès de la cité universitaire 17 octobre, des trolleys du transport universitaire sont stationnés. Il n’y pas vraiment foule. Les étudiants ne semblent pas s’empresser à y prendre place. Le climat de tension qui règne dans toute la région ajoute à la grève des étudiants qui continuent dans les deux campus. La rumeur d’une marche estudiantine dans la journée est dans l’air.

Du coté d’Ihaddaden, des échauffourées viennent d’être signalées. à Tazmalt aussi, à l’extrême sud de la wilaya.

 

 

 

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