BNP Paris-Bas, Manifestation, Mobilis, Société générale

Béjaïa: Mobilis, BNP Paris-Bas et Société Générale saccagés et pillés

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(photo K.M.)

La ville de Béjaïa a été livrée dans l’après midi de vendredi, 7 janvier, à des centaines de manifestants qui se sont déchainés sur tout ce qui représente l’Etat et symbolise la richesse. Agence Mobilis, la Société Générale et BNP Paris-bas, se trouvant au quartier Dawadji et ses alentours, ont été saccagés et pillés en l’espace de quelques minutes.

Mobilier de bureau, des tas de documents administratifs, matériel informatique jonchent des rues méconnaissables.  Après s’être attaqués à coups de pierres au siège de la wilaya, vite protégés par des policiers qui ont riposté par des gaz lacrymogènes, les manifestants ont pris pour cible la banque française, BNP Paris-bas, qui s’est installée il y a quelques mois à un jet de pierres du siège de la wilaya. Elle sera mise à sac en deux tours trois mouvements avant d’être saccagée. La foule est particulièrement excitée. Il a suffit qu’une voix crie « Mobilis ! » pour que la foule se retourne et courre, sans se faire prier, vers l’agence de l’opérateur téléphonique, se trouvant sur la route de Sidi Ahmed. La scène du déchaînement se répète alors deux pas plus loin pour que Mobilis ne soit, au bout de quelques minutes de sac et de saccage, qu’un tas de débris et livrés au feu. Aussitôt entrés à l’intérieur des locaux, des jeunes y sortent qui avec un micro ordinateurs dont certains se sont contentés des unités centrales, qui avec des cartes à puce ou des rames de papiers et qui aussi avec des fauteuils. Les moins chanceux se sont arrachés à la foule avec de simples bidons de ménage. Sur place, nous apercevons des familles, paniquées, femmes et enfants, quitter, avant cette razzia, dans la précipitation leurs appartements de peur, sûrement, du pire. Le quartier abrite des banques et plein de sièges d’entreprises et d’entités administratives. Autant de cibles, symbole de « richesse », qui peuvent bien mettre le quartier sans dessus dessous. Après s’être occupé de l’opérateur public, les manifestants se sont déplacés vers le siège voisin. Celui de la Société générale. Ce sera la deuxième banque française à faire les frais d’un pillage en règle. Complètement saccagée, on la laissera aux flammes. Dehors, la circulation automobile est impossible sur certaines rues obstruées par des barricades, notamment à Aâmriw, Ihaddaden et Nacéria. Au même moment, les affrontements, qui ont éclaté pour certains depuis la veille, continuent dans plusieurs centres urbains, Tazmalt, Akbou, Ighzer Amokrane, Sidi Aïch, El Kseur, Souk El Tenine et Kherrata.

Béjaïa s’est embrassé et des blessés légers sont comptés parmi les manifestants et les forces de l’odre. À Ighzer Amokrane, une vingtaine de policiers légèrement blessés ont été évacués vers l’hôpital de Sidi Aïch. Le saccage des édifices publics a concerné toutes ces localités. Les cibles sont diverses mais aussi traditionnelles : Sonelgaz, Algérienne des Eaux, tribunaux, contributions, sièges d’APC, brigades de Gendarmerie, ….

Il est 19h, quand nous décidons de quitter la foule excitée de Dawadji tout juste avant qu’une voix anonyme fondue dans la foule lance «Djezzy !».

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