Gendarmerie

Les déboires d’un gendarme radié

Ahmed Bendjelloul n’est pas prés d’oublier l’opération de ratissage à laquelle il a participée à Merdj Ouamane, dans la commune d’Amirour, wilaya de Béjaïa, au printemps 2007. Ce n’est pas parce qu’il s’en est sorti traumatisé ou handicapé à vie, mais c’est que les légères blessures qu’il y a contractées lui ont valu… une exclusion de tout le corps de l’armée nationale populaire (ANP). Pour invalidité. Gendarme contractuel depuis 1997, le sergent Ahmed Bendjelloul a été affecté à Béjaïa en 2006. Il sera motocycliste à l’unité de la circulation routière (ESR) de Sidi Aïch. En mars 2007, l’ANP encercle un groupe terroriste dans la montagne surplombant Amizour, au village Sebt Takdimt. L’opération de ratissage prend une grande envergure. On fera appel à tous les éléments de l’ESR de Sidi Aïch. A 16h, Ahmed Bendjelloul remplace au pied levé un de ses collègues. On lui confia un fusil mitrailleur. Il le mit en joue après avoir pris position dans un buisson, l’œil sur les alentours de la rivière. A 4h du matin, du 29 mars, éclate une fusillade. Dans la pluie de feu s’envolent des éclats de pierres qui toucheront le sergent à l’œil gauche. En ripostant, il recevra une douille qui saute de son FM lui causant une légère brûlure sur la joue droite. Il sera remplacé dans son poste en fin de journée et évacué vers l’ESR pour des soins. 15 jours d’arrêt de travail pour cause «d’une hémorragie conjonctivale de l’œil gauche et de brûlure superficielle au niveau de la joue droite occasionnée par une blessure d’origine indéterminée». Cela ne l’a pas empêché de passer, deux mois plus tard, au statut de gendarme actif.

En novembre 2007, les services de la médecine légale de l’hôpital militaire de Constantine lui font subir une expertise et lui délivrent une fiche que l’on établie à la sortie de chaque blessé par le fait du terrorisme. Il est déclaré «victime d’un traumatisme balistique» ayant occasionné une «baisse de l’acuité visuelle bilatérale corrigée par des verres correcteurs» avec la recommandation d’être «exempt de la conduite de la motocycle et de la conduite de nuit». Il en sortira avec une invalidité de 20% qui sera portée au double, en 2008, par la commission régionale de l’expertise médicale. Ce qui lui vaudra de toucher, depuis cette date-là, une pension au titre de blessé dans le cadre de la lutte antiterrorisme.

En février 2009, les services du ministère de la défense nationale (MDN), après une contre-expertise médicale, porte le taux d’invalidité à 60%. Ils ont confirmé le statut de blessé dans le cadre de la lutte antiterrorisme avant que, trois mois plus tard, la commission centrale de la dispense au MDN ne l’informe que son invalidité n’est plus considérée du fait du terrorisme. Fin de mission donc au gendarme invalide Boudjelloul. Sa pension est supprimée. En mai 2010, le MDN lui signifie sa radiation de ses effectifs. Plus de salaire. Son recours est rejeté. Après avoir écrit à toute la hiérarchie militaire et au ministre délégué auprès du ministre de la défense nationale, Ahmed Bendjelloul s’en remet aujourd’hui à nos colonnes pour attirer l’attention sur son cas et revendiquer un poste de travail aménagé. «De quoi nourrir ma famille» dit-il.

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