Politique, Algerie, Kabylie

Franchement. « Zâaftou aâlina »*

mobilisationpourlemeetingdebouteflikabjaa.jpg(Photo K. M.)

Abdelaziz Bouteflika termine dix ans de règne et se prépare à en avoir, dans quelques jours (les jeux étant faits), cinq autres sans avoir posé ses pieds à Béjaïa en tant que chef d’Etat en tournée d’inspection. Dix ans que la région n’a pas trouvé place dans des déplacements présidentiels qui ont sillonné les quatre coins du pays. Mercredi 25 mars, Bouteflika était à Béjaïa pour la troisième fois dans un cadre purement électoral. Il était venu dire à sa population que dans la grande marche vers la prospérité nationale, elle a trainé le pas : « tkheleftou chwiya ». « Stenina koum ktir » (nous vous avons attendus longtemps) » avait-il lancé comme un reproche à une région qui a été de tous les soulèvements populaires et des combats pour les libertés et la dignité, et qui a toujours marqué les plus piètres scores de participations électorales. C’est cette région rebelle, insoumise que Bouteflika dit avoir longtemps attendue et avec laquelle il semble avoir pris ses distances. Pourquoi Béjaïa n’a pas été au programme des visites de travail et d’inspection qui ont mené le président de la République dans toutes les wilayas du pays ? Pourquoi n’a-t-elle pas eu sa part du développement national ? Des grosses enveloppes supplémentaires distribuées par le président ? Une histoire de rancune ?

Il est clair que les déplacements de Abdelaziz Bouteflika en Kabylie n’ont pas été politiquement rentables. Ne serait-ce que pour cette raison qui fait que, tant pour les présidentielles d’avril 1999 et 2004 que pour le referendum de septembre 2005, les kabyles ont permis les plus faibles taux de participation dans le pays.  Très loin de l’image répulsive que donnait cette région frondeuse qui a fermé ses portes aux officiels durant les douloureuses années des événements du printemps noir, en application de la plate-forme d’El Kseur, beaucoup se retrouvent aujourd’hui à tenter de donner un sens au fait qu’aucune délégation présidentielle n’a franchit le pas de ses portes. Il s’en est même trouvé des voix qui ont eu la forte « impression que la wilaya est châtiée ».  Le candidat Bouteflika n’a rien oublié de ses haltes bougiotes mouvementées. Il semble même en garder quelques ressentiments. « Zâaftou aâlina » a-t-il rappelé, devant une assistance qui a applaudi à percer les tympans, lors de son discours le 25 mars. Dans la même salle bleue qui l’a accueilli exactement quatre ans auparavant. Petite rétrospective.

Les mars se suivent et ne se ressemblent pas

Lundi 29 mars 2004, salle bleue, ville de Béjaïa. Le candidat-président tenait un meeting de campagne pour les présidentielles du 8 avril. Dans la rue, l’accueil n’a pas été meilleur que celui baigné dans le climat déjà tendu de 1999. La situation était explosive du fait des événements du printemps noir qui ont fait 126 morts. Cinq ans plus tôt, en 1999, fin mars (et comme à chaque fois), ville de Béjaïa, salle omnisports. Le candidat Bouteflika animait un meeting de campagne sous tension. Jets de pierres et slogans anti-candidat. Est débitée alors la fameuse réplique : « de loin je vous voyais géants et je vous découvre nains ». Les propos sont provocants et Bouteflika s’en apercevra. « La Kabylie est le cœur palpitant de l’Algérie » a-t-il lancé à Béjaïa. Il tentera une première approche de charme inefficace autant que celle qu’il entreprend trois jours plus tard dans la ville de Tizi Ouzou.  Jeudi 1er avril 2004, maison de la culture Mouloud Mâameri. Le discours présidentiel s’est voulu courtisan et intransigeant : « l’Algérie n’est rien sans la Kabylie, et la Kabylie n’est rien sans l’Algérie » déclare-t-il. La réconciliation n’aura pas lieu pour autant. Dans la ville des émeutes ont éclaté, sous la coupe des archs restés sur leur résolution à garder la Kabylie fermée aux officiels. Lorsque le chef de l’Etat était appelé à faire campagne pour son projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale, sa halte kabyle ne s’est pas faite sous de meilleurs hospices. 19 septembre 2005, stade du 1er Novembre de Tizi Ouzou. « Nous sommes tous des Berbères » a-t-il reconnu durant son meeting présidentiel. « Âarabana el islam (l’islam nous a arabisés) » a-t-il répété par trois fois. Des émeutes ont éclaté dans la ville et la rue reprend ses traditionnels « ulach smah ulach ». Abstraction faite de la visite-éclair, perturbée du reste, dans la wilaya de Bouira le 4 novembre 2003, Bouteflika venait d’effectuer sa première visite de travail et d’inspection en tant que président de la république en Kabylie. Elle a permis cependant quelques maigres inspections de chantiers et des inaugurations. « L’Algérie n’est rien sans la Kabylie et la Kabylie n’est rien sans l’Algérie » a-t-il, encore une fois, déclaré à Béjaïa le 25 mars dernier proposant d’« ouvrir une nouvelle page ». A l’extérieur de la salle bleue, on n’entendra pas les traditionnels « ulach smah ulach ». La rue est quadrillée par des centaines de policiers et meublée par des supporters dont une grosse foule est ramenée de l’extérieur de la wilaya.

K. Medjdoub

*vous vous êtes fâchés contre nous

5 Réponses à “Franchement. « Zâaftou aâlina »*”

  1. Le 1 avril 2009 à 20:46 Rita a répondu avec... #

    Bravo Kamel… courage et en avant :)

  2. Le 2 avril 2009 à 12:48 kamel medjdoub a répondu avec... #

    merci rita

  3. Le 6 avril 2009 à 19:56 LOUNES a répondu avec... #

    bonjour camarade ça fait un grand plaisire de lire tes articles,avec des journaliste comme vous des etudiants comme nous comme vous l’algerie sera un jours,une algerie dèmocrate, libre,souvraine,et civilisè,dans toute algerien aura ça parole,aura ça place dant il mèrite.vous nous c’est les forces de l’avenire,les force de changement.
    merci
    vive la dèmocratie
    gouloir ou martyres de la dèmocratie
    VIVE L’ALERIE LIBRE ET INDEPANDANTE.

  4. Le 30 août 2009 à 11:57 Tintina a répondu avec... #

    Nesta3ref bik Kamel,bravo….

  5. Le 30 août 2009 à 15:59 kamel medjdoub a répondu avec... #

    merci Tintina

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